Les centres de formation à l’épreuve du Covid 19

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En ce moment de crise sanitaire liée au coronavirus, les centres de formation se sont retrouvés en congés forcés, les enfants à la maison. togofoot.info se plonge dans l’univers de ces centres qui ont entre leurs mains , les destinées de nos futures stars de football. Comment gèrent t-elles la situation et quelles répercussions sur leurs activités.

Les entrainements sont à l’arrêt

Ce n’est plus un secret pour personne. A l’annonce du premier cas de covid 19 au Togo, tout regroupement a été interdit par le gouvernement , ce qui a d’ailleurs poussé la FTF a demandé l’arrêt de toutes activités liées au football sur le territoire national. Les centres de formation  ont du coup mis fin aux entrainements   » en ce moment de pandémie où des mesures ont été imposées dans le sens de la lutte et surtout de la prévention , le Centre Swallows est resté fermé. Dès l’annonce des premiers cas en Europe et dès l’annonce de la possibilité que le virus arrive dans notre pays, nous avons déjà commencé à observer les mesures de distanciation  au niveau de nos entrainements »  a confié à notre rédaction Florent Kataka, administrateur du centre Swallows et le constat est le même dans tous centres que nous avons contactés ( Gnilim Foot, Amis du Monde , CFL et FSA)

Les nouvelles technologies  pour continuer à être ensemble

Les centres de formation se servent des réseaux sociaux  pour maintenir le contact avec les pensionnaires  » Les programmes de séances sont établis et envoyés aux pensionnaires en forme d’exercice, afin de maintenir leur forme et pour nous assurer vraiment qu’elles le font. Il leur est demandé des séquences vidéos de leurs séances. Puisque la particularité au niveau de l’académie Amis du Monde est la politique « chaque fille un ballon ». nous a confié les responsables du centre « Amis du monde », un centre de formation destiné uniquement aux filles .

Chez les garçons, le constat est le même avec quelques particularités au centre de formation Liberté de Tchekpo ,un centre un peu reculé de Lomé donc confronté aux dures réalités des villages  » Nous avons un groupe whatsapp dans lequel il y a les encadreurs et la majorité des jeunes. Le Coach principal en chaque début de semaine, leur envoie des exercices simples et basiques à faire chez eux. Difficile de vérifier s’ils les respectent à la lettre mais certains envoient des photos  en retour. C’est un peu fastidieux comme travail. Encore que c’est la période du champ. Certains parents profitent de la présence de leur enfant pour leur donner des travaux champêtres. On ne peut rien face à cela. »

A Agoè , précisément au centre Future Stars d’Agoè , même constat avec un suivi particulier pour les U23 des deux catégories (Filles et garçons)  » Nous sommes concentrés sur les élites, ceux qui sont plus sur la scène, je veux parler de U23.Nous leur avons conçu un planning hebdomadaire que nous avions publié sur une plateforme réservée aux joueurs. Ils ont des exercices individuels matin et soir. Pour savoir que l’exercice est fait, le joueur signalera dans le groupe. Avec un simple mot  »fait ou ok ».Nous comptons sur leur responsabilité et leur sens de réussir. Jusqu’à présent tout se passe bien dans les 2categories U23 masculin et féminin. En ce qui concerne les autres catégories a savoir U11,U13,U16 et U18, la dernière réunion avant le début du confinement, nous leur avions dit qu’ ils doivent travailler à la maison, faire du sport, des exercices spécifiques, souplesses agilité et autres. Qu’ ils n’oublient pas leur cahier. Notre avantage est que tous nos joueurs sont presque dans le quartier cacaveli et ses environs. » a laissé entendre Arsène Eloh, éducateur à FSA

Des inquiétudes légitimes par rapport aux répercussions sur le travail entrepris avant l’arrêt

Les centres de formation contactés étaient sur une bonne lancée dans le travail avec les jeunes avant le Covid 19  et désormais les responsables soulignent leurs craintes par rapport aux conséquences négatives de cet arrêt des activités sur la forme des pensionnaires  » Le foot est devenu un métier et un métier ça s’apprend. vous imaginez un peu un apprenant qui ne suis pas régulièrement les cours ou qui est contraint de cesser les cours ou encore qui ne met pas en application les cours déjà suivis, il désapprend. Bref, l’inquiétude se trouve au niveau des filles des unités de  formations dont la plupart ne sont qu’à leur début. La seconde inquiétude c’est qu’on  remettra le compteur à zéro à la reprise. On aura encore et beaucoup de travail à faire » a laissé entendre les responsable des Amis du monde . Au delà des répercussions sur la forme des joueurs, au centre CFL de Tchekpo, l’arrêt des activités pose également un problème sur le plan financier  »  La peur, elle est permanente. Mais c’est à nous d’être ingénieux et être capables de se relever au moment opportun. Cette pandémie est un cas de force majeur. Un évènement inattendu. Cela a mis tous nos projets en berne. Mais le centre est appelé à survivre. Nous continuons à respecter nos engagements vis-à-vis des encadreurs  et tout ça , sans aucun appui extérieur. C’est assez difficile » a ajouté un responsable du centre . Même son de cloche à Gnilim Foot  » Notre inquiétude est l’investissement non rentabilisable. C’est une grosse perte pour le centre. Le temps perdu aussi ne sera jamais rattrapé car les pensionnaires sont en catégories d’âge. Il nous faut des soutiens pour tenir et maintenir le cap d’une bonne formation. Puisse la FTF et les autorités compétentes penser aux centres aussi. « 

Il y aussi ceux qui relativisent et qui considèrent cette pause comme un moment de repos pour les jeunes à condition que ça ne perdure pas

 » L’idéal serait de faire une formation continue non stop mais, nous sommes dans un programme à long terme et dans ce programme, on essaie de dérouler plusieurs phases, cette phase peut s’apparenter à une phase de repos. C’est sans repos que ces jeunes s’entrainent tous les jours et même pendant les vacances et c’est rare qu’ils aient assez de temps pour se reposer. Je crois qu’il faut prendre le côté positif de cette pandémie qui permet à nous tous de se reposer. C’est aussi l’occasion qui leur est donnée déjà sur le plan scolaire de rattraper le temps perdu s’ils étaient en retard. profiter de la pause pour étudier , pour reprendre la forme physique pour repartir en forme . Parlant de l’aspect négatif, si la situation perdurait plusieurs mois, ça va avoir un impact sur leur performance et pour reprendre ça va être beaucoup plus difficile parce que c’est rare  qu’ils s’entrainent, même à la maison, les activités physiques, techniques ne remplacent pas un vrai entrainement   un terrain » a poursuivi Florent Kataka, manager du centre Swallows.

Au centre FSA , on est pas aussi inquiet que ça  » C’est une situation globale, il faut savoir envisager cette période comme une opportunité. Tout le monde est logé à la même enseigne, une préparation athlétique permettra de reprendre en quelques semaines et, heureusement, les techniques du footballeur ne s’oublie pas, c’est comme le vélo ! La saison tire de toute façon vers la fin, on a vécu beaucoup de choses depuis Juillet dernier et c’est justement l’occasion de respirer et prendre chacun du recul sur ces expériences intenses. J’imagine d’ailleurs déjà la ferveur des joueurs et du public lorsque tout reprendra son cours normal, il y aura une effervescence positive, de l’enthousiasme et de l’engagement. Le bonheur de trouver les terrains nous ramènera vers l’essentiel : le football est une fête. » a ajouté Warner William , l’un des responsables du centre

Cette pandémie a activé la générosité de certains centres qui ont pensé à leurs pensionnaires à travers des dons  de vivres et des non vivres

 » Nous avons décidé de venir en aide à nos pensionnaires. Pour ceux  qui ont vraiment d’aide ,nous sommes en train de réunir des vivres et de non vivres afin de préparer des kits alimentaires que nous allons leur distribuer dans le respect des mesures barrières » nous a confié Florent Kataka de Swallows.

Les activités  administratives continuent normalement au sein de ces centres au regard des propos recueillis auprès des responsables. Ces centres constituent l’avenir du football de tout pays et cet arrêt des activités ne fait que retarder  la formation des jeunes . Vivement le bout du tunnel

 

 

 

 

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